«Ma Grand'Mère d'Arménie»

Le 7 mai dernier, la médiathèque de l'Alliance française d’Arménie a accueilli la présentation du livre bilingue « Ma Grand'Mère d’Arménie », en présence de l'auteure Anny Romand et du traducteur Grigor Djanikian.


En rangeant des papiers de famille, Anny Romand découvre, en 2014, un carnet inconnu. Écrit par sa grand-mère en arménien, français et grec, il retrace sur le vif la marche en 1915 d'un groupe de femmes et d'enfants arméniens sur les routes d'Anatolie, vers le désert et la mort. Elle réussit à s'enfuir et après bien des aventures, elle finit par accoster à Marseille. A Anny, sa petite-fille qu'elle va élever, elle raconte indéfiniment la tragique aventure où ont été engloutis son bébé Aïda, son mari et tant d'autres membres de sa famille.

Confrontant le souvenir de ces conversations et les terribles descriptions du carnet, Anny Romand revit l'infini malheur des Arméniens à travers l'œil de la gamine qu'elle fut et de la femme qu'elle est. « Pendant des années, je me disais: il faut que je raconte ce que ma grand-mère m’a raconté quand j’étais enfant, il faut que je raconte cette histoire ! Mais comment la raconter ? C’est très difficile de raconter ce genre d’histoires, parce qu’on tombe dans un pathos, un truc trop dur, trop triste. Les gens doivent lire ça le soir, dans leur lit... Et enfin j’ai trouvé cette façon d’écrire. J’ai pensé que puisque j’avais 10-12 ans, quand elle me racontait cette histoire, et bien, je vais écrire comme si j’étais petite », - explique l’auteure. 

Elle fait remarquer que ce n’est pas un livre historique, mais une histoire affectueuse. « Ce livre est pour tout le monde : Arméniens, non Arméniens… Tout le monde a une grand-mère qui est formidable, qui nous a élevé, qui nous a aimé au bout du cœur, et tout le monde a une histoire formidable avec sa grand- mère », - raconte Anny Romand. Elle avoue que l’écriture du roman a pris beaucoup de temps et beaucoup d’énergie. « J’écrivais une phrase à la main, puis je la mettais dans l’ordinateur, puis je sortais la page et je la corrigeais. Ainsi, j’ai sorti 21 fois le livre. Et chaque fois, je changeais une virgule, un mot qui était trop compliqué pour un enfant de 10 ans, une expression qui n’était pas bonne, le rythme… Comme on le sait bien, les enfants ont une idée, puis une autre qui surgit, et je voulais retracer cela, ces idées qui se mettent les unes avec les autres », -explique l’auteure.

Le traducteur du livre Grigor Djanikian souligne que la publication de « Ma Grand'Mère d’Arménie » en deux langues était très importante : « Ce livre est une preuve vivante, un témoignage précieux qui devait être publié en deux langues afin de nous aider à aboutir à la justice et à la vérité historique ».

La présentation s’est enrichie par les lectures des extraits du livre en arménien et en français, par les étudiants de l’Université linguistique Brussov.


Article réalisé par le Courrier d'Erévan.



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