Formation des professeurs de français à l'Alliance (CREFECO)

   


Après cinq jours de travaux intenses, la XIVe édition du séminaire annuel organisé pour l’ensemble des enseignants de français d’Arménie a pris fin le 1er juillet dernier. Un projet mené par l’Association arménienne des enseignants de français (AAEF) et l’Alliance française d’Arménie, en partenariat avec le Centre régional francophone pour l’Europe centrale et orientale (CREFECO), dont le Ministère arménien de l’Éducation et de la Science a bien reconnu l’importance, en l’incluant dans son Plan national de formation.

Se déroulant d’habitude à la fin-juin, ces cycles de formation réunissent chaque année dans les locaux de l’Alliance française jusqu’à deux cents professeurs d’écoles secondaires et de lycées en provenance de toutes les régions d’Arménie et de sa capitale Erevan, mais aussi des enseignants des universités. Deux formations nationales proposées par le CREFECO et des ateliers de démultiplication rythment traditionnellement le séminaire. Depuis 3 ans, les formations nationales sont animées par des formateurs de l’AAEF. « Un acquis important », selon Suzanne Gharamian, présidente de l’Association et directrice de l’Alliance française, étant donné que « les formateurs locaux connaissent mieux la réalité du terrain, ce qui leur permet de proposer des formations adaptées aux besoins réels des enseignants de français en Arménie ».


Les thématiques choisies pour 2016 portent sur le document authentique comme facteur de motivation en classe de FLE et les techniques et pratiques fondamentales pour le développement et l’évaluation des compétences orales. « Cette formation nous donne la possibilité d'apprendre de nouvelles méthodes qui sont vraiment applicables en classe, et c'est aussi l'occasion de récupérer des fiches et des outils directement utilisables pendant nos cours », note Nune Khachatrian, professeur de français à Hrazdan, tandis que Hermine Hovakimyan, enseignante à Masis, déplore « le manque de matériel et de moyens techniques dans certaines écoles, ce qui empêche  de réutiliser certaines techniques d'enseignement pourtant très intéressantes ». Un autre professeur, cette fois-ci de l’école N 119 d’Erevan, pointe sur l’importance de mettre en avant le développement de l’expression orale : « Les élèves doivent pouvoir s’exprimer, tandis que pendant la période soviétique, on se concentrait beaucoup sur la grammaire. Maintenant, l'oralité reprend la place qui lui est due ».


Les ateliers de démultiplication constituent depuis 2010 le second composant principal du Séminaire. Animés par les participants arméniens des formations régionales du CREFECO, ils permettent d’étendre les savoir et les savoir-faire acquis par un nombre restreint de bénéficiaires à un plus grand nombre d’enseignants de français à travers le pays.


En plus des formations traditionnelles, deux autres ateliers figuraient au programme de cette XIVédition du Séminaire : un atelier sur le sens des expressions idiomatiques françaises et canadiennes animé par Enora Tredan et l’atelier « En scène ! Jeu d’expressivité » animé par Philippe Guinet de l’Association des passeurs de mots.


Première fois en Arménie, M Guinet s’est d’ailleurs dit « agréablement surpris du bon niveau de français des personnes rencontrées ici ». Parlant de son atelier qui avait pour but d’initier les professeurs des universités arméniennes à la pratique de l’art théâtral en classe de FLE, le formateur français a notamment remarqué : « Ce que j'ai voulu mettre en place durant cette formation s'analyse comme un laboratoire de recherche. On teste des expériences de collaboration basées sur la découverte de soi et des autres, la capacité d'oser surpasser/dépasser ses zones de confiance. Il s'agit d'être dans la générosité de l'autre. Il faut trouver à la fois les mots et le corps de l'autre, s'ouvrir à l'autre. Cet atelier permet ainsi à chacun de mettre en avant sa propre personnalité ».


Les retours des participants à l’issus de l’atelier sont très positifs : Pour certaines, cet formation leur donne des outils précieux pour contribuer à leur troupe théâtrale avec plus d'énergie". Il est pour d’autres l’occasion d’apprendre de nouvelles techniques d’apprentissage leur permettant de rendre leurs cours plus attirants. "Ce fut une belle rencontre et de beaux moments de partage." témoigne enfin une autre des professeures.


Une restitution de l’atelier a été effectuée à la fin de la formation. Celle-ci a pris la forme d’un concours de théatre. Faisaient partie du jury à cette occasion, des membres de la communauté française et francophile de Yerevan : Sofya PETROSYAN - Grigor DJANIKYAN - Enora TREDAN). Ils ont récompensé les meilleur groupe, meilleur duo et meilleur candidat individuel sur la base des critères suivant : 


- Interprétation

- Diction

- expression artistique

- implication dans le groupe. 


Les professeurs ont également eu à répondre à la question « Le français pour moi c'est .... » : « mon boulot, ma vie, mon amour, une fenêtre sur le monde, la langue des existentialistes, la langue de l'amour ect... ».

De même, les participants à l’atelier sur les expressions idiomatiques et argotiques, ont souligné la difficulté de comprendre seul le sens de ce type de language, d’autant plus qu’il évolue très vite. Ce type d’atelier est ainsi très utile, d’autant plus lors qu’il est dispensé par un formateur français.


 À la fin du Séminaire, des attestations de participation seront remises aux participants les plus actifs, délivrées conjointement par le ministère arménien de l’Éducation et de la Science, l’AAEF et l’AF d’Arménie. Quant aux résultats qualitatifs du Séminaire, les élèves et les étudiants francophones pourront en bénéficier dès la rentrée prochaine !


Article rédigé par Arus Khachatryan (Courrier d'Erevan) et par Enora Tredan ( Alliance Française d'Arménie).

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