L’Alliance française d’Arménie a 15 ans




Déjà adolescente, l’Alliance française d’Arménie a soufflé ses 15 bougies sur la grande scène du Village de la Francophonie, en octobre dernier. Depuis 2003, elle ouvre ses portes à plus de mille francophones et francophiles de tous les âges et presque de toutes les catégories professionnelles. Par l’intermédiaire des cours de français, par la modernisation et la mise à jour de sa médiathèque, par les activités culturelles organisées - bref, par sa présence active à la capitale, l’Alliance française d’Arménie répond à sa vocation de promoteur de la langue, de la culture et de la civilisation françaises.

Par Anna Baghdassarian


La création et le succès 

C’est en 2001 que Suzanne Gharamian décide, avec ses deux collègues, de créer une association qui allait réunir les enseignants de français d’Arménie. « C’était juste après l’indépendance, durant la période la plus difficile pour la langue française en Arménie : au moment de recul de toutes les langues étrangères en faveur de l’anglais. Nous avons eu l’idée de créer une association qui défendrait la position de la langue française dans le système éducatif arménien et s’occuperait des formations continues des professeurs de français. Ainsi a été créée l’Association Arménienne des Enseignants du Français (AAEF) qui a eu un grand succès. Elle est tout de suite devenue membre de la Fédération internationale des professeurs de français.  Et puis, vu ce dynamisme, l’Ambassade de France d’Arménie qui avait déjà l’idée de créer une Alliance française en Arménie, nous a confié cette mission », - se souvient Suzanne Gharamian, directrice de l’Alliance française d’Arménie dès sa création.


« Nous suivons toutes les nouveautés du cadre européen commun de référence pour les langues. On se base sur la méthode de l’approche actionnelle. Tous les manuels et tout le matériel pédagogique qu’on utilise se renouvèlent fréquemment. On ne reste pas avec les mêmes manuels pendant des années car ils perdent leur actualité. La plupart des méthodes sont en version numérique. Les professeurs sont toujours formés non seulement sur place mais aussi à l’extérieur ».


Au début, il y avait quelques difficultés techniques, mais avec le temps tout s’est réglé.  « On a vraiment commencé de zéro. La plus grande difficulté était l’absence des locaux. Pour que l’Alliance française soit visible, l’Ambassade de France nous a proposé de nous installer à l’Université française en Arménie qui se trouvait à l’époque au centre-ville. Plus tard, l’Université a déménagé dans un quartier un peu éloigné, et nous étions obligés de la suivre. Ainsi, pendant 8 ans, on est resté à l’UFAR en occupant une salle comme bureau. On était moins visible, les salles ne nous appartenaient pas, on ne pouvait pas les équiper comme on le voulait. On était obligé de se déplacer d’un étage à l’autre pendant la période des examens... Finalement, en 2012, l’Alliance a déménagé dans un nouveau bâtiment où nous avons loué tout un étage, et tout de suite nous avons équipé les salles de tout ce qui était nécessaire pour les cours interactifs. L’Ambassade de France, à son tour, nous a fait passer la bibliothèque francophone qui était dans ces locaux », - raconte Suzanne Gharamian.

L'Alliance française d’Arménie fait tout pour être un lieu de référence pour tous ceux qui veulent contribuer au dialogue interculturel entre la France et l’Arménie. Suzanne Gharamian trouve que le secret de la réussite de l’Alliance française vient de la qualité et de la volonté de son équipe, de ses méthodes innovatrices de l’enseignement de français: « Nous suivons toutes les nouveautés du cadre européen commun de référence pour les langues. On se base sur la méthode de l’approche actionnelle. Tous les manuels et tout le matériel pédagogique qu’on utilise se renouvèlent fréquemment. On ne reste pas avec les mêmes manuels pendant des années car ils perdent leur actualité. La plupart des méthodes sont en version numérique. Les professeurs sont toujours formés non seulement sur place mais aussi à l’extérieur ».


Les étudiants de l’Alliance française d’Arménie 


Ce sont pour la plupart des jeunes ayant des projets de continuer leurs études dans des pays francophones. C’est l’unique centre qui dispense des cours de français pour tous les niveaux, fait passer des examens et délivre des diplômes nationaux français. L’Alliance française d’Arménie assume également des cours de français pour les fonctionnaires des administrations arméniennes. Depuis janvier 2010, suite à la signature du Mémorandum entre l’OIF et le Ministère des Affaires Etrangères d’Arménie, 75 fonctionnaires suivent chaque année des cours de français de diplomatie. En plus de cela, l’AF coopère étroitement avec le Ministère de l’éducation d’Arménie en organisant des stages et des séminaires pour les professeurs de français du secondaire et du supérieur. Un autre public de l’Alliance sont les enfants et les adolescents : un camp d’été est organisé pendant 6-7 semaines qui propose une série d’activités aux petits francophones : musiques, danse, jeux, ateliers, visite des musées, etc. 


"Je suis ravi que mon français attire autant d’attention, ce qui est une grande responsabilité pour moi, et j’espère que beaucoup de gens en Arménie apprendront plusieurs langues étrangères et particulièrement le français, "- a dit le Premier ministre arménien.


Quant au meilleur étudiant de l’année 2018, son nom a été annoncé lors de la cérémonie d’anniversaire de l’Alliance française. C’était… le Premier ministre arménien. Nikol Pashinyan a reçu un diplôme honorifique de l’Alliance française d’Arménie pour récompenser ses succès dans l’apprentissage du français. « Il suit des cours de français depuis le mois de juillet 2018. Monsieur le Premier ministre est un étudiant très motivé, très assidu. Il méritait vraiment ce diplôme, - commente Suzanne Gharamian, -  J’ai grand plaisir de donner des cours jusqu’à présent à Monsieur Pachinian. Il continue à apprendre le français avec le même enthousiasme. Il se donne pour tâche de maitriser cette langue».

Pour le Premier ministre Nikol Pachinian, cette remise de diplôme était un moment très symbolique : « Je suis ravi que mon français attire autant d’attention, ce qui est une grande responsabilité pour moi, et j’espère que beaucoup de gens en Arménie apprendront plusieurs langues étrangères et particulièrement le français. Vous savez que je n’ai pas pu avoir mon diplôme de faculté de journalisme pour les raisons politiques locales, et je suis ravi d’avoir ce diplôme symbolique que je reçois pour les raisons politiques internationales », - a dit Nikol Pachinian. 


Un anniversaire haut en couleurs, en émotions et en souvenirs …


Il n’y a pas d’anniversaire sans surprise : la journée a été ponctuée d’interludes musicaux, du concert de musique folklorique arménienne et française, des chants d’écoliers arméniens. Un chanteur de pop & DJ invité de Paris s’est également produit sur la scène du Village. Au programme, une projection vidéo de présentation de l’Alliance française d’Arménie suivie de courtes vidéos de messages de vœux qui ont témoigné avec émotion, humour ou poésie de leur attachement à la grande famille de l’Alliance française. Il y eut aussi une cérémonie de remise des diplômes DELF Prim et de Plume d’Or. Toute la cérémonie s’est tenue en présence du Premier ministre arménien Nikol Pachinian, de l’ambassadeur de France en Arménie Jonathan Lacôte, des élèves, des professeurs, des partenaires et des amis de l’AF. « On s’est préparé à cette fête pendant toute l’année mais jusqu’à la dernière minute, on ne savait pas où et comment cela allait se passer. Finalement nous avons décidé de célébrer notre 15e anniversaire pendant le Sommet, au village de la Francophonie auquel nous participions activement dans le cadre du pavillon français. Et voilà, le 10 octobre dernier, la grande scène nous a été confiée pour notre soirée de fête. C’était une fête réussie avec un grand public », -raconte Suzanne Gharamian. 

La tenue du Sommet de la Francophonie en Arménie était une vraie réussite pour notre pays. L’Arménie est devenue plus visible grâce à l’organisation de ce Sommet: c'était une chance de faire apparaître le pays sur la carte du monde des pays francophones.


Une année importante pour l’Arménie


Cette année, l'Alliance française a aussi activement participé aux travaux de préparation su XVIIème Sommet de la Francophonie en mettant à disposition du comité de préparation ses volontaires francophones, mais aussi en donnant des cours aux policiers arméniens et aux personnels des hôtels qui devaient accueillir les nombreuses délégations attendues. 

En septembre 2018, l'Alliance a accueilli M. Bertrand Commelin, Secrétaire général de la Fondation Alliance française, ainsi que M. Stéphane Grivelet, Secrétaire général de la FIPF, tous les deux présents en Arménie pour participer aux travaux de la Conférence internationale des OING.

La directrice de l’Alliance française d’Arménie remarque qu’après le Sommet, le nombre des gens qui veulent apprendre le français a considérablement augmenté. La preuve en sont les inscriptions aux cours de français de l’AF pour l’année 2019. « La tenue du Sommet de la Francophonie en Arménie était une vraie réussite pour notre pays. L’Arménie est devenue plus visible grâce à l’organisation de ce Sommet: c'était une chance de faire apparaître le pays sur la carte du monde des pays francophones. L’année 2018 est aussi marquée par une grande perte, par le décès du grand artiste Charles Aznavour qui a presque coïncidé avec le Sommet. Les regards du monde entier étaient tournés vers l’Arménie grâce à Aznavour ». 
 


Pourquoi apprendre le français ? 


Même si on est membre de l’Organisation internationale de la Francophonie, l’Arménie reste encore un pays plutôt francophile que francophone. « Très souvent, c’est à cause du stéréotype que le français est une langue difficile. Il faut juste oser, si vous êtes intéressés. Le français c’est une langue qui est parlée sur tous les continents et qui a, d’après moi, un bel avenir. Aujourd’hui même il a des domaines qui deviennent de plus en plus francophones, comme par exemple celui de nouvelles technologies ou ceux qui sont liés à Internet, car le français est l’une des langues les plus présentes sur Internet, - affirme Suzanne Gharamian. - La connaissance du français peut être un atout. Apprendre le français pour la vie professionnelle, pour la vie personnelle, pour le plaisir…

Retrouvez ici le lien original de l'article réalisé par le Courrier d'Erévan.




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